Ethnies de la Côte d'Ivoire

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La Côte d'Ivoire constitue une véritable mosaïque ethnique, car on y dénombre plus de 60 ethnies différentes qu'on peut regrouper en quatre grands groupes (selon des critères linguistiques):
1) Le groupe mandé : localisé dans le nord-ouest du pays, ce groupe, appelé aussi mandingue, compte surtout les Malinké, les Bambara, les Dioula, les Foula, etc. Au centre-ouest, l'ethnie des Dan réside dans la zone montagneuse du pays, principalement autour de Man.

2) Le groupe krou : au centre-sud et au sud-ouest résident les Krou ou Magwé, la principale population de cet ensemble ethnique étant les Bété.

3) Le groupe gour (voltaïque): au nord-est, ce groupe constitue l'un des plus anciens peuples du pays, avec les Sénoufo et les Lobi, qui  habitent le Nord. 

4) Le groupe akan : à l'est, au centre et au sud-est se trouvent les Akan, l'ethnie la plus nombreuse, et que l'on divise en Akan du Centre (principalement Baoulé), en Akan frontaliers (Agni, Abron, etc.) et en Akan lagunaires (Ebrié, Abouré, Adioukrou, Appolloniens, etc.).

Les ethnies les plus importante sont les Sénoufo (9,7 %), les Malinké (8,5 %), les Baoulé (6,6 %), les  Dan appelés aussi Yacouba (5,9 %), les Bété (5,7 %), les Agni (4,5 %), les Gouro (3,6 %), les Dioula (3,4 %), les Guéré (3,4 %), les Dida (2,1 %), les Lobi (1,8 %), les Wobé (1,7 %), les Abé (1,4 %), les Adjoukrou (1 %), les Ébrié (0,7 %), etc.

La Côte d'Ivoire accueille sur son sol quatre à cinq millions d'étrangers, soit au moins le tiers de sa population, un cas presque unique au monde. Mentionnons notamment les Burkinabés (environ trois millions), les Ghanéens (environ 500 000), les Libériens (100 000), les Européens (environ 20 000 Français, dont un tiers de binationaux, des Allemands, des Belges, etc.), les Américains et les Syro-Libanais (environ 100 000).
Source : www.axl.cefan.ulaval.ca

Credit Photo 📷 L'atlas des peuples d'Afrique (© La Découverte – Jean Sellier)

Un peu d'Histoire :

Nous partirons du constat qu'une ethnie peut se définir comme une communauté unie de personnes se référant à une histoire, des traditions, des croyances et une langue commune, et se reconnaissant comme appartenant à cette ethnie.

Le groupe des Mandé englobe les Malinké, les Peuls, les Dioula, les Dan - Yacouba, les Toura et les Gouro. Dans les pays voisins, le groupes Mandé s’étend jusque dans l’Est du Sénégal, le Sud du Mali, l’Est de la Guinée, une partie du Liberia et de la Sierra Leone. Ce groupe a pénétré en Côte d'Ivoire du XVe au XVIIe siècle. La langue des Dioula, réputés être des commerçants et de grands voyageurs, est devenue la plus utilisée à travers cette région.

Le groupe Krou comprend les Krou, les Bakwé, les Wé (Guéré et Wobé), les Bété, les Dida et les Godié. Ce groupe s'étend au Liberia, en Sierra Leone. Ces ethnies se sont installées progressivement en Côte d'Ivoire depuis le XIVème siècle, sous la pression démographique des Mandé du Nord.

Le groupe Akan se subdivise en trois grandes familles suivant leur situation géographique et des coutumes et institutions qui les régissent : d’abord les Akan frontaliers composés d’Agni et d’Abron, de part et d’autre de la frontière avec le Ghana, ensuite les Akan du Centre, comprenant essentiellement les Baoulé, et enfin les Akan lagunaires pour la plupart des Attié, Abé et Ebiré, installés autour des lagunes d'Ebrié, d'Aby et de Tano. Les Akan occupent encore la majeure partie du territoire du Ghana d’où certaines fractions émigrèrent vers l’Ouest, par vagues successives, du XIVe au XVIIIe siècle, créant de nouvelles petites royautés dans l’actuelle Côte d'Ivoire.

Il y a aussi les Sénoufo qui sont environ 600 000 et qui se situent surtout au Nord du pays.

Avec la colonisation de l'Afrique Occidentale au début du siècle, et les revendications territoriales des différents gouvernements s'accaparant la région (Français, Belges, Allemands...), le mouvement de ces populations à travers ces immenses pays de montagnes et de forêts et c'est aujourd'hui quasiment arrêté figeant ainsi le paysage ethnoculturelle de la Côte d'Ivoire. Cependant, et suite aux conflits régionaux aux alentours, au Liberia notamment, des réfugiés ont toujours traversés les frontières. On sait aussi que les populations du Burkina-Faso ou de Guinée viennent toujours en Côte d'Ivoire dans l'espoir d'y vivre une vie matérielle meilleure même si les évènements récents (fin 2002) ont remis nombres de personnes sur les routes de l'exil. D'autres événements plus naturels ont favorisés ces déplacements comme par exemple la création en pays Baoulé du barrage de Kossou en 1969 qui submergea 200 villages et a provoquée le départ de leur terre de plus de 100 000 agriculteurs qui émigrèrent vers d'autres régions.

Malgré cette diversité ethnique et linguistique issue d'une longue histoire et de mélanges constants, le population ivoirienne s'est soudée au moment de l'Indépendance dans les années 60 et ce faisant elle ne faisait que retrouver chez tous ses compatriotes des autres ethnies les nombreux traits culturels communs qui les unis et qui font sa richesse exceptionelle.

Même si le français est la langue officielle, on compte ici plus de 77 langues et dialectes (Dogoso, Maasina Fulfulde, Glaro-Twabo, Eastern Karaboro, Khe, Móoré, Nafaanra, Sicité Sénoufo, Siamou...) que l'on retrouve au fil des conversations que l'on peut avoir en compagnie des ivoiriens.

Source : Lecointe.catherine.free.fr